Investissements et Répartition des Ressources en Eau au Burkina Faso – étude préliminaire sur l’arbitrage urbain-rural


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Le principe que l‘eau pour les usages personnels et domestiques, notamment pour boire, a la priorité sur d’autres usages est ordinairement incorporé et exprimé dans les lois et politiques publiques nationales. Par conséquent, les zones urbaines à forte concentration de population s’attendent à bénéficier prioritairement des ressources en eau. Alors que les grandes villes s’accroissent dans les régions et pays où la pression sur les ressources en eau augmente, les exemples de transferts et de ‘réallocations’ de l’eau des zones rurales vers les zones urbaines deviennent de plus en plus fréquents.

Cependant, il existe généralement dans les grandes villes une gamme de différents types d’usages de l’eau –  usages commerciaux et industriels, et usages personnels et domestiques – et la question se pose du statut des ‘priorités’ urbaines, comparé aux demandes d’eau des communautés rurales. Au Burkina Faso, en dépit de la croissance de la population urbaine, la population nationale est toujours essentiellement rurale (70%) avec la majorité des Burkinabé – 80,9% – travaillant dans les campagnes.  Pour être prospères, les communautés rurales ont besoin de ressources en eau pour des usages productifs. Le manque d’accès à l’eau pour les communautés rurales peut être un facteur les poussant à abandonner leurs villages pour migrer vers les centres urbains, augmentant ainsi les demandes d’eau dans les villes.

Ce rapport d’étude préliminaire fait valoir qu’en zones semi-arides avec une variabilité climatique et une pression croissante sur les ressources en eau, la prise de décision concernant la gestion de l’eau dépend de la formulation de stratégies explicites pour la répartition de l’eau entre les zones urbaines et rurales.  Ces stratégies sont essentielles pour permettre le progrès à moyen et long terme du développement économique et social – dans les villes et les campagnes. De plus, des processus de prise de décision  transparents et inclusifs sont essentiels pour l’évaluation des différentes options d’investissement dans les infrastructures, y compris pour anticiper et analyser les compromis entre des différents usages d’eau. Les portefeuilles d’investissements résilients aux changements climatiques doivent également combiner les infrastructures ‘construites’ et ‘naturelles’ – issues, respectivement, du génie civil et de la gestion des écosystèmes.

 

Image: Rajeshree Sisodia/PRISE